Pompiers, Samu, CHU : Je suis fier de payer des impots
Sans spoiler l’article, je suis heureux de vivre dans un pays où sans avoir à présenter quelconques papiers ou carte bancaire, on est pris en charge dix minutes après l’appel au 15 par (successivement) :
– les pompiers du village
– l’équipe du SMUR du département
– l’équipe de l’hélicoptère
– le CHU de Caen (puis le centre hospitalier de Cherbourg)
En 2h : pris en charge, transféré et opéré
Dès 10h50, les pompiers m’ont pris en charge, très rapidement rejoints par l’équipe du SMUR de Saint-Lô. Après l’interrogatoire et les premiers résultats de l’électro-cardiogramme, il s’agissait très probablement d’un infarctus du myocarde.
Dans mon état de lucidité, que je pourrais aujourd’hui qualifier de « lunaire », j’ai cru entendre un hélicoptère et j’ai souri de la situation « Arrête Cédric, l’hélico du Dragon50, ce n’est pas pour toi ! » En fait, si ! Ce n’était pas lié à mon état de santé, mais juste un concours de circonstances : l’hélicoptère des secouristes avait été appelé pour un accident à une quinzaine de kilomètres de la maison. Mais en vol, l’équipage a reçu une annulation de son intervention et a entendu les premiers échanges radios à mon sujet. Le médecin à bord a donc décidé de se poser à proximité de la maison, au cas où.
Il était maintenant un peu plus de 11h et une dizaine de personnes, tous plus dévoués l’un que les autres, était dans mon salon : 3 pompiers, 3 personnes du SMUR et 4 personnes de l’hélico (pilote, médecin, …)
Les deux médecins ont alors expliqué à ma femme (puis à moi) que j’allais être transféré en hélicoptère au CHU de Caen pour faire une coronographie pour vérifier qu’une ou plusieurs artères du coeur étaient bouchées et pratiquer un geste chirurgicale si besoin. En attendant, ils m’ont administré de la potion magique en perfusion et en cachets. Très peu de temps après, j’ai vraiment senti un soulagement de la douleur : j’étais passé de 7/10 à 2/10 au jeu du (Monsieur, quelle note attribuez-vous à votre douleur ?)
Après 20 minutes d’un voyage en hélicoptère, allongé avec un casque sur les oreilles (pour le bruit) et de l’oxygène dans le nez (pour la saturation), nous avons atterri à l’hôpital de Caen. Le médecin du Dragon50 et le chirurgien du CHU ont échangé les informations et j’ai été installé très rapidement sur une table où une première personne a procédé à une échographie cardiaque, avant qu’une autre me prépare pour la « coro ».
Tout le personnel, là encore, a été d’une très grande gentillesse et a pris le temps de tout m’expliquer : « on va examiner les artères de votre coeur. Pour cela, on va introduire une petite caméra par l’artère de votre poignet ».
C’est bouché ! Il faut des stents !
La « coro » a montré que trois artères étaient obstruées. Le chirurgien a bien entendu « débouché » tout cela, puis il m’a expliqué qu’il allait me poser un stent tout de suite, puis un second fin août ou début septembre.
La pose du stent n’a pas été à proprement parlé douloureuse, mais les sensations étaient quand même bizarres (entre deux petits malaises !)
Le début du long repos commence maintenant
La consigne pour les premiers jours était simple : grand repos et surveillance en continu : j’ai passé une nuit au CHU de Caen, puis trois à Cherbourg, sous perfusion et contrôle cardiaque. Les épisodes de tachycardie se sont espacés pour finalement disparaître et j’ai pu regagner ma maison (avec une petite ordonnance de médicaments dont certains seront à prendre à vie !)