La première soirée, la première nuit, les premières activités

Avant de commencer à rédiger cet article, je tiens à dire que je ne suis pas animé par une envie d’afficher ma vie ou par le désir de devenir « influenceur » dans le domaine de l’accueil hospitalier. Non ! Comme je l’ai écrit dans un des premiers articles, ça me permet de mettre en mot ce que je ressens. Il y également un autre intérêt : donner des nouvelles à ma famille et mes amis, sans passer trop de temps au téléphone. Si vous me connaissez, vous savez bien que je suis le Lucky-Luke du smartphone (je le dégaine plus vite que mon ombre ET je raccroche aussi vite).

À table ! Allons rencontrer du monde !

Dans ce dédale de couloirs, j’ai croisé beaucoup de personnes qui comme moi sont en réadaptation. Toutes sont là depuis au moins une semaine et ont repéré le nouveau (et a priori le plus jeune) qui cherche un peu sa route. Chacune, par un signe de tête discret ou une salutation chaleureuse m’a accueilli avec bienveillance. Plusieurs m’ont indiqué la route, m’ont expliqué les quelques trucs et astuces (notamment le tableau d’inscription pour obtenir une autorisation de sortie pour le week-end !)

J’arrive enfin dans la salle de restauration. Autant j’avais fait des compliments sur la chambre, autant cette salle est triste avec une peinture défraîchie jaunâtre qui donne un teint encore plus palot aux résidents déjà bien fatigués. Côté cuisine : contrairement à mes collègues de la table, je n’ai pas à me plaindre ; je n’ai aucun régime particulier. Mais apparemment, les plats et les pains sans sel ne font pas l’unanimité.

Même si les gens sont gentils, une certaine monotonie se fait sentir à ma table. Certains sont là pour la deuxième ou troisième fois. Le pépé assis à ma droite est là depuis le mois de février et toute la tristesse du monde est logé dans ses beaux yeux bleus. J’essaie de lui parler. Je suis même devenu son chauffeur officiel de fauteuil roulant.

Grosso modo, entre les nombreux silences, on se parle de nos activités, des plats sans sel (assez récurent) et j’arrive même à choper un ou deux potins sur le personnel soignant : par exemple, si on veut du rab, il faut plutôt demander à la jeune aide-soignante « l’autre, elle se prend pour la cheffe !!! ».

De retour dans ma chambre : une petite série Netflix (ordonnance prescrite par mes collègues de l’équipe numérique), la petite tisane offerte à 22h, puis dodo.

Après l’installation, la prise en charge et l’action

Après un rêve curieux dans lequel je me perdais dans les couloirs du centre, un infirmière est venue me réveiller, une seringue à la main : « La partie peut commencer ».

Pour résumer la journée :

  • J’ai vu la kiné pour déterminer mon niveau physique (a priori) – pour les collègues de l’éducation nationale, c’était un peu mon évaluation diagnostique ;
  • J’ai vu ensuite la diététicienne ;
  • Je suis ensuite allé à mon premier cours de sport (j’ai retrouvé des muscles oubliés !) ;
  • J’ai fait une petite marche dans le parc du centre, en restant au cœur du peloton ;
  • J’ai passé une échographie cardiaque ;
  • Et j’ai fini par une information sur la détection des signaux à risque

Bref ! Une première journée déjà bien remplie ! Je suis même un peu fatigué, alors que je n’ai pas encore fait grand chose physiquement.

À bientôt ! Et n’hésitez pas à me laisser un commentaire.