C’est le coeur brisé…
au sens propre comme au sens figuré, que je dois interrompre ma préparation pour le 20 kms de Paris.
Vous aurez remarqué également que j’ai interrompu mes publications sur le blog depuis une dizaine de jours. Visiblement, mon corps et mon coeur n’ont pas voulu que j’aille au bout de ce défi que je m’étais lancé.
Dimanche 7 juillet, alors que je venais de finir un petit footing de 30 minutes avec mes amis Marie-Laure et Nono, j’ai « fait » une crise cardiaque ; un infarctus du myocarde plus précisément.
Tout avait bien commencé !
Comme très souvent, après quelques SMS pour fixer l’heure, nous avions convenu avec mes deux « collègues de sortie » de nous retrouver à 9h30 sur la piste du stade de Valognes (dans la Manche). Nous nous retrouvons toujours là-bas, car selon les envies, nous partons nous promener ensemble ou bien nous tournons autour du stade.
Après 4 km, les deux acolytes m’ont dit qu’ils souhaitaient arrêter car ils n’avaient pas couru depuis quelques temps et ne se sentaient pas au top. Après discussion, ils ont accepté de trottiner encore 5 minutes pour finir sur un chrono tout rond de 30 minutes.
Plutôt en forme
Plutôt en forme pour ma part, j’ai allongé un peu la foulée (mais rien d’extraordinaire). À la fin, avec Nono, nous avons comparé nos résultats (comme des pros) et avons constaté que mon rythme cardiaque était pour une fois, bien plus bas que le sien. S’en sont suivies quelques phrases autour de nos prochaines sorties et surtout des prochains barbecues et apéros (été oblige !).
Après ces 5 bonnes minutes de bavardage, j’ai rejoint vers 10:30 ma voiture sur le parking pour rentrer à la maison, pour prendre une douche avant quelques grillades / rosé au soleil (Avouez que le programme est alléchant !).
La crise cardiaque
A peine 2 ou 3 minutes après avoir pris le volant, me voilà pris subitement d’une sensation d’oppression ; d’abord au niveau de la gorge (du mal à prendre ma respiration) puis au niveau de la poitrine. Je suis parvenu tant bien que mal à regagner mon domicile (un petit dizaine de kilomètre), fenêtres de la voiture ouvertes et penché sur le volant.
Arrivé chez moi, je me suis vite mis à la recherche d’une position qui pourrait me soulager. Je n’avais jamais connu cette douleur, pas insupportable mais terriblement oppressante et discontinue.
J’ai d’abord cru à une douleur musculaire et ai cherché en vain une position, un étirement qui me ferait du bien. À aucun moment, je n’ai imaginé que j’étais en train de faire une crise cardiaque ; j’imaginais qu’un infarctus se manifestait par la sensation de coups de poignard dans le coeur (un peu comme dans les films). Il arrive qu’il se manifeste ainsi mais pas dans mon cas. Donc, avec mes premiers symptômes, je n’ai pas diagnostiqué l’accident cardiaque.
Mais petit à petit, d’autres douleurs assez vives sont apparues : l’engourdissement du bras droit et la mâchoire endolorie.
Pas très lucide, moi ! Ma femme beaucoup plus !
C’est à l’apparition de ces symptômes, qui n’ont rien à voir avec un quelconque problème musculaire classique, qu’Emilie (ma femme) à commencé à évoquer le SAMU :
– Tu veux que j’appelle le 15 ?
– Non, ça va passer.
À ce moment-là, je ne réalisais toujours pas ce qui m’arrivait, mais je comprenais que ce n’était pas normal. Emilie, elle, plus lucide (mieux oxygénée également !), s’est vite renseignée sur Internet et a compris que les symptômes étaient caractéristiques d’un infarctus du myocarde.
Sans l’évoquer, elle a réussi à me convaincre d’appeler les secours. Ni une, ni deux, le médecin appelle les pompiers et le SMUR de Saint-Lô.
S’il fallait une preuve de ma lucidité : lorsque que le médecin a demandé à me parler au téléphone, la seule question qui m’est venue à l’esprit : « Est-ce que je peux prendre une douche en attendant les pompiers ?«