Reprise de l’entrainement vélo, enfin presque !

"La vie ne vaut rien... Rien ne vaut la vie"
Alain Souchon
Collection 1984-2001

La vie reprend peu à peu son cours normal

Cette quatrième semaine de convalescence m’a été très bénéfique et je commence maintenant à me déplacer un peu plus. Mon sommeil, difficilement trouvé, est très léger. Mais pour autant, je suis plus en forme, plus dynamique. Je vais pouvoir voir autre chose que mon canapé ou mon lit !

Une première sortie à la plage à St Martin de Bréhal

Nous devions cet été, aller chez des amis dans le Rhône. Plutôt que d’annuler cette semaine avec eux, ils sont venus nous rejoindre dans la Manche. Nous avons la chance d’avoir notre famille sur la côte granvillaise et en période de canicule, ce n’est pas loin d’être le paradis.

Pour faire honneur à leur visite et pour ne pas rester seul devant la télé, sachant tout le monde à la plage, j’ai décidé de les accompagner. J’étais à la fois content et très inquiet. Jusque là, je n’avais jamais dépassé plus de 1000 pas / jour depuis mon infarctus et mon cardio frôlait les 100 pulsations/minute à chaque montée d’escalier.

J’étais bien content de prendre le grand air et de voir que j’étais capable de marcher une petite demi-heure, et même de faire quelques passes avec le ballon de foot que mon fils Marius ne quitte pas depuis le début des vacances.

Cette débauche d’énergie m’a bien « creuvé » et j’ai attendu trois jours avant de ressortir.

« Vous pourrez Reprendre vos activités du quotidien »

Mon médecin généraliste me l’avait dit : « Vous pourrez reprendre vos activités du quotidien. À la fin des vacances, vous pourrez vous promener et peut-être même faire des petits tours de vélo ». Il m’a parlé de « repos actif ! »

Reprise : on se remet en scelle

Après quelques jours de sommeil moins haché et un dynamisme du corps retrouvé, j’ai décidé de sortir au moins une fois par jour (une promenade de papi de 30 minutes environ).

C’est un vrai plaisir de me sentir plus vivant et de partager davantage de choses avec ma tribu. L’étape suivante a été le vélo. Bon d’accord, c’était le vélo électrique de ma belle-mère ! Autant dire qu’en termes d’efforts, on reste vraiment dans le « repos actif » de mon médecin.

En file indienne, avec ma tribu de peaux rouges, je me suis promené quelques kilomètres sur les routes plates du bord de mer granvillais. En sortant le vélo du garage, je me disais que je franchissais une première étape, certes modeste, mais qu’une distance allait s’installer progressivement entre mon canapé et moi. Il faudra bien que cette relation fusionnelle cesse un jour, entre nous !

De drôles de sensations !

Très rapidement, l’appréhension, le stress et même une certaine forme de tristesse m’ont « pris au coeur ». Je n’arrivais pas à profiter de ce moment de bonheur familiale. Mon cerveau était en ébullition : « N’est-ce pas trop tôt pour refaire du vélo ? Et si ça recommençait ? T’as vu dans quel état tu es, obligé de faire du vélo électrique à 40 ans pour te promener avec ta famille ? J’ai mal : c’est la crispation, le manque d’activité, le coeur qui refait le con ? »

Bref, j’ai profité du vent salin dans mon visage pour laisser couler quelques larmes, que personne n’a repéré (enfin je crois : ils sont si adorables avec moi qu’ils ont peut-être fait semblant de ne rien voir).

Ce fut un premier retour en selle. Espérons qu’il y en ait d’autres prochainement et que je puisse abandonner le vélo électrique dans les prochaines semaines,  et surtout que je puisse me détendre et profiter de tous ces moments partagés avec les miens.